26.02.2013Aux communes de jouer le jeu

Un nouveau site web facilite le choix des décideurs en matière de production d'énergie renouvelable.

La mini centrale de la STEP du Châble - qui turbine les eaux usées de Verbier - a servi d'exemple pour établir l'échelle de prix.

Vaut-il mieux privilégier le turbinage d'eaux potables ou usées? Couvrir le toit d'une école primaire de panneaux solaires a-t-il un sens économique? Quel bénéfice une municipalité peut-elle escompter en recourant à une chaudière à bois? A l'heure de devoir prendre des décisions stratégiques importantes en matière de Nouvelles Energies Renouvelables (NER), les décideurs locaux - souvent des miliciens - peuvent se trouver fort démunis. Et c'est justement pour leur venir en aide que vient de voir le jour le site web www.valenplus.net.

Plus de 100 000 francs
Réservé aux seules collectivités publiques, ce concept a pu être développé dans le cadre d'Energie PLUS (voir encadré) et financé grâce au programme de coopération transfrontalier INTERREG IV. «Un peu plus de la moitié des 200 000 francs de ce fonds a été consacré à la réalisation de cette plateforme internet. Le solde ayant permis de développer d'autres idées dans le cadre du volet énergétique d'INTERREG IV», précise Massimo Migliaccio, membre de la commission transfrontalière du projet. Concrètement, ce site permet à un municipal ou à un chef technique - agréé et formé - de dégager en quelques clics les meilleures pistes de développement des énergies renouvelables pour sa commune. «Ce site détaille non seulement les aspects techniques et énergétiques, mais aussi les coûts et charges inhérents au projet (investissements, frais d'entretien, prix de revient du kWh produit et celui de sa reprise sur le marché)», précise André Besson, à la base de ce concept. Cet outil inédit permet ainsi d'évaluer la faisabilité d'un projet tant sur le plan technique qu'économique, avant de passer à l'étape suivante qui implique de recourir à des bureaux spécialisés pour des études plus approfondies avec forcément des coûts plus importants. «Même si elles se veulent approximatives, les valeurs techniques et énergétiques se basent, bien sûr, sur des formules et règles tirées des ouvrages scientifiques en la matière.»

Des cas concrets
Pour les aspects économiques liés aux coûts de constructions, les initiateurs de ce programme se sont basés sur des chiffres d'expérience, tirés des prix du marché (pour les panneaux solaires, les turbines ou les chaudières) et de la construction (dans le domaine des travaux de fouilles). «Nous avons ensuite confronté les valeurs obtenues à plusieurs cas concrets - notamment sur le territoire de la commune de Bagnes - pour nous assurer de la cohérence globale avec les prix du marché. Attention, cela reste un outil technique et économique intéressant pour un premier coup de sonde, mais cela ne remplace en aucun cas une étude approfondie», avertit André Besson.

 

Prêt à remonter le rhône…

Dix-huit communes sur les 33 que comptent les quatre districts de la Région Bas-Valais ont déjà manifesté leur intérêt pour Valenplus. «Vingt-sept représentants de ces entités viennent même de suivre un cours de formation d'une demi-journée pour pouvoir utiliser facilement cet instrument», précise Alain Maret, le sous-préfet d'Entremont. Mais ce premier pas ne sera pas suffisant pour assurer la pérennité et la mise à jour régulière de ce programme. «Le montant à disposition dans ce fonds INTERREG est épuisé. Pour les années 2014 et suivantes, ce sera donc aux communes de prendre le relais, en souscrivant un abonnement annuel. Celui-ci ne devrait pas dépasser le millier de francs pour autant, bien sûr, qu'une majorité de communes y souscrive», prévient Massimo Migliaccio.

Sept de ces municipalités se sont d'ailleurs déjà inscrites sur le site, à savoir Trient, Salvan, Dorénaz, Fully, Riddes, Isérables et Bourg-Saint-Pierre. Un nombre bien sûr insuffisant. «Mais d'autres devraient rapidement rejoindre le mouvement», espèrent Hervé Fournier de l'Antenne Région Valais romand et Alain Maret, président de la commission transfrontalière en charge du projet. Un organisme qui envisage de ne pas limiter cet appel du pied à la Région du Bas-Valais, mais de remonter le Rhône pour faire adhérer à ce système des communes du Valais central.

déchets valdôtains bientôt traités à la satom ?
EN+ (Energie, Environnement, Economie durable) est un projet INTERREG IV mis sur pied par les 22 communes valaisannes de la défunte Association de la région de Martigny (ARM) - remplacée depuis par l'Antenne Région Valais romand et les 11 communes valdôtaines de la Communauté de Montagne du Grand Combin dans le cadre du programme européen de coopération transfrontalière 2007-2013. Depuis 2009, une commission transfrontalière présidée par le sous-préfet d'Entremont Alain Maret fournit des informations notamment en matière de production de «Nouvelles Energies Renouvelables (NER)», pour les communes et autres collectivités publiques. Une autre approche transfrontalière - concernant la gestion des déchets celle-là - a également été abordée, notamment lors de rencontres organisées avec les autorités valdôaines et les dirigeants de la SATOM. But de la manœuvre: envisager la prise en charge de déchets italiens par l'usine montheysanne. Des discussions qui suivent leur cours…


Source : Le Nouvelliste du 26.02.13
Journaliste : Pascal Guex

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