Les 7 erreurs à éviter

Sont relevées dans cette rubrique, les 7 erreurs régulièrement rencontrées par les entrepreneurs. S'il n'y a pas de "baguette magique", l'occasion est au moins donnée de repérer les principales embûches.

1. L'omission

"La succession est un instant de vie de l'entreprise; la vivre est la réussir."

Dans une PME familiale, la succession est souvent organisée à contrecœur et tardivement. La relève ne se prépare pas, elle se subit. Un entrepreneur consacre près de 80'000 heures à bâtir son entreprise, mais seulement 10 heures à prévoir son transfert. Idéalement, la planification de cette étape doit commencer lorsque le propriétaire atteint l'âge de 50 ans environ. Comme le souligne un dirigeant : " le problème, c'est qu'il faut 25 ans pour transmettre une entreprise et que cela revient tous les 25 ans".  Une mauvaise anticipation peut donc mettre en péril l'entreprise.

2. La peur

"La peur n'alimente qu'elle-même. Alors n'ayons pas peur !"

Le patron qui doit remettre son entreprise a très souvent peur de "lâcher son bébé". En effet, en quittant son poste à responsabilités, l'entrepreneur pense perdre son statut social, la reconnaissance et ses relations. Cela peut être vu comme une perte d'identité et un isolement. Régulièrement, il juge qu'en dehors de son antre professionnel, il n'y aura pas de vie intéressante. A cela s'ajoute la question financière de la retraite qui doit également être clairement étudiée, afin de développer une stratégie adéquate.

3. Le manque de communication 

"A la base du processus, il y a des personnes et des idées."

Dans le cadre de la transmission d'une entreprise familiale, on touche non seulement à l'exploitation, mais également à la cellule familiale. Il revient au dirigant de prendre conscience de la question de la relève. Celui-ci doit réfléchir sur les objectifs qu'il souhaite atteindre en tant qu'entrepreneur.

Son rôle consiste également à mobiliser sa famille. Cette dernière doit être partie prenante à la discussion et à la décision. Au final, il s'agira de trouver une solution bonne pour la famille et pour l'entreprise. Souvent, la famille désire placer l'un des siens ; toutefois il est nécessaire d'évaluer rationnellement le potentiel de la personne. Souvent, des divergences d'opinions ou d'intérêts peuvent provoquer un blocage, lequel peut être désamorcé grâce à la médiation.

4. La négligence 

"La difficulté ou l'obscurité d'un sujet n'est pas une raison suffisante pour le négliger."

Dans une transmission d'entreprise, il ne faut négliger aucune option :

  • solution à l'intérieur de la famille : passation de pouvoir à un fils ou un membre de la famille
  • solution à l'extérieur de la famille : passation de pouvoir à une personne extérieure à la famille, vente, reprise par les employés, etc.

Même si, dans la plupart des cas, une solution interne à la famille semble être privilégiée, il est indispensable de se poser ces questions. Il faut également être conscient qu'il n'existe pas UNE bonne solution; il y a une issue consentie par la famille, compte tenu de toutes ses caractéristiques.

5. L'individualisme

"L'individualisme est comme le vent qui anime un brasier, mais qui éteint une chandelle."

La succession est un passage difficile qu'il s'agit de négocier en s'entourant de personnes compétentes. S'attaquer à la succession consiste à s'attaquer au cœur et à la raison à la fois. C'est trouver une solution avec sa famille, en tenant compte de la réalité économique et juridique de l'entreprise. L'aspect technique est très important et la décision doit tenir compte de tous les paramètres (impôts, capital retraite, héritage, etc.).

Des professionnels peuvent vous aider :

  • dans les questions techniques : fisc,  votre banque, votre fiduciaire, votre avocat-notaire, etc.
  • dans les questions touchant à l'émotionnel : l'Antenne Région Valais romand, etc.

Des conseils de tierces personnes proposent un regard neuf et objectif sur la situation et peuvent déjouer les conflits qui peuvent surgir lors d'une succession.

6. Le doute

"Choisir le doute comme philosophie de vie, c'est comme choisir l'immobilité comme mode de transport." 

Le chef d'entreprise ne devra pas douter. La décision qui sera prise sera la bonne pour son entreprise, compte tenu de son histoire. Ainsi, il devra faire confiance à son successeur. Il devra l'intégrer et, peu à peu, lui donner des responsabilités. Lorsque le chef d'entreprise a eu la sagesse de préparer la succession de son vivant, père et fils (le plus souvent) doivent cohabiter avant, pendant, et après la transmission. Les risques de conflits entre générations s'accroissent alors sensiblement.

De même, le départ d'un dirigeant et l'arrivée de son successeur sont un véritable traumatisme pour les collaborateurs. En donnant son entière confiance à son successeur, l'entrepreneur pourra ainsi rassurer ses collaborateurs ainsi que ses clients.

7. La fierté

"Je prendrai ma véritable retraite, quand je fermerai les yeux pour la dernière fois."

Alors même que l'entrepreneur a trouvé son successeur, il éprouve de la peine à quitter le bateau. Certes, on peut comprendre cette attitude, mais l'entrepreneur doit être conscient que c'est en se retirant qu'il assurera la pérennité de son entreprise. Selon les termes d'un entrepreneur : " la plus grande tentation des dirigeants-propriétaires, ce n'est pas l'infaillibilité, c'est l'immortalité." Le dirigeant doit être conscient que son attitude constitue un véritable facteur d'échec ou de réussite d'une transmission.

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