23.11.2012Forum Business Valais

Les entreprises valaisannes se battent contre le franc fort

Plusieurs sociétés ont trouvé des parades à la crise monétaire: l'innovation et la prospection de nouveaux marchés. Leurs exemples ont été présentés hier soir à Sierre.

Deux tiers des entreprises valaisannes souffrent du franc fort. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par la Chambre de commerce et d'industrie présentée hier soir à Sierre lors du Forum Business Valais. La majorité des sociétés sondées indiquent que leurs affaires sont en stagnation et que leurs marges s'érodent. Selon Vincent Riesen, directeur de la Chambre, face à cette situation, «l'économie valaisanne résiste, mais on sent les premiers signes d'usure».

Mauvaise nouvelle pour elles, cette situation monétaire n'est pas prête à changer. «La faible conjoncture actuelle de l'Union européenne va perdurer. Ce qui amènera un franc fort dans la durée.» Que vont faire les entreprises valaisannes face à cette nouvelle donne? Si certaines d'entre elles envisagent de réduire leur personnel, elles ne vont pas baisser les bras pour autant. Placées dans une situation plus difficile, «elles prospectent de nouveaux marchés, cherchent de nouveaux débouchés.»

L'exemple des cornichons

L'entreprise aiglonne Reitzel, célèbre pour ses cornichons, a été frappée de plein fouet par la faiblesse de l'euro. Son chiffre d'affaires a fondu de 15% en quelques mois. Son directeur, Philippe Michiels, a expliqué que son entreprise a continué à investir, à innover. Elle a aussi prospecté certains marchés très proches d'elle, comme… le marché valaisan. «Pour vendre aux Valaisans, nous avons engagé un vendeur valaisan et nous, entreprise vaudoise, avons sponsorisé le FC Sion.» Résultat? Le chiffre d'affaires en Valais a connu une croissance à deux chiffres.

L'innovation pour survivre

La start-up Secu4 s'est lancée en créant un système électronique de sécurité pour prévenir la perte ou le vol d'objets. Installée à Sierre, exportant 90% de la production de son seul produit, elle a aussi été frappée par le franc fort. Pour s'en sortir, elle a développé quatre nouveaux systèmes qui vont arriver sur le marché l'an prochain.

L'innovation ne concerne pas uniquement les start-up. Le patron de l'entreprise sédunoise Gotec, active dans le domaine des pompes et de la mécanique de précision, Denis Albrecht a expliqué que ses produits sont cinq ou six fois plus chers que ceux de ses concurrents étrangers.

La société a survécu aux crises précédentes grâce à une qualité largement supérieure, mais surtout grâce à une innovation constante. Dernier virage technologique en date, Gotec vient de se lancer dans la fabrication de la plus petite machine à expresso du monde. Mais, Denis Albrecht en a convenu, le lancement d'un tel produit comporte une prise de risque importante.

Soutien étatique très important

L'économie valaisanne semble donc commencer à s'adapter à la nouvelle donne économique. «Le rôle de l'Etat est d'accompagner et de favoriser cette mutation», a déclaré le conseiller d'Etat Jean-Michel Cina. Dans l'exemple de Gotec, l'appui du Centre de compétences financières, organisme paraétatique de soutien aux entreprises, s'est avéré important pour le lancement de la machine à café.

L'Etat a également un autre rôle: celui de créer des conditions cadres adéquates.

Le Valais l'a fait, par exemple, en revoyant dix fois en douze ans le poids de sa fiscalité à la baisse. Jean-Michel Cina a aussi rappelé les perspectives qu'offre la venue en Valais de onze chaires de l'EPFL, venue qui sera accompagnée de celles de trois cents professeurs chercheurs et de six cents étudiants.

Source : Le Nouvelliste du 23.11.12
Journaliste : jean-yves gabbud

Photo : Business Valais

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