30.09.2016DES MARRAINES ET DES PARRAINS POUR LES NOUVEAUX ARRIVANTS

Depuis un an, des Valaisans aident les nouveaux arrivants (suisses ou étrangers) à mieux s’intégrer.

Quelques secondes à peine après la sonnerie, la porte s’ouvre sur deux grands sourires de fillettes érythréennes. Hermona et Heven, des jumelles de 7 ans, sautent dans les bras de Béatrice Roh, comme tous les mercredis. « C’est un peu notre grand-maman ! », s’enthousiasment-elles en chœur. Arrive ensuite la maman de la famille, Yirgaelem Mengestab, qui embrasse aussi chaleureusement son hôtesse hebdomadaire. La complicité est visible entre les deux dames qui constituent l’un des quarante binômes du projet « Cohabiter », un concept « parrain-marraine » permettant à tout nouvel arrivant en Valais d’entrer en contact avec un bénévole pour l’aider à s’intégrer.

Aide précieuse pour les devoirs des enfants
Pour Béatrice Roh, c’est même plus qu’un binôme. Cette institutrice à la retraite est très proche des quatre enfants de la famille et les épaule dans leurs devoirs scolaires. « Elle nous apprend le français et nous aide pour la lecture et l’écriture », lance Hermona. Les aînés, Bethléem, 15 ans, et Ben Hur, 13 ans, qui sont respectivement en troisième et deuxième année du cycle d’orientation, sollicitent aussi souvent la Valaisanne pour leurs soucis en langue. « Béatrice, c’est notre amie », confie Bethléem en regardant Béatrice Roh avec douceur.
Pour Yirgaelem Mengeestab, le soutien de la Valaisanne est précieux. A l’image de la paperasserie administrative à gérer. « Elle m’a aidée à remplir les papiers pour l’école pour les enfants. C’était compliqué », confie la maman en érythréen à sa fille aînée qui effectue la traduction.

Progrès en français
Yirgaelem Mengestab ne cache pas qu’elle doit encore améliorer son français. « Je comprends de mieux en mieux, mais je n’arrive pas bien à parler ; en fait, je n’ose pas trop. Avec Béatrice, j’ai déjà beaucoup progressé », souligne-t-elle. Pour preuve, les deux dames peuvent désormais se téléphoner, « ce qui n’était guère possible il y a quelques mois à peine », raconte Béatrice Roh.

Intégration aux clubs de sport de la région
Avec ce « marrainage », la vie sociale des enfants de la famille, arrivée en Valais en 2014, s’est nettement améliorée.
Aujourd’hui, les deux cadettes sont inscrites dans un club de gymnastique. « Même qu’une fois, on va au tennis et une fois à la piscine », raconte Heven. Les enfants se sentent bien intégrés dans leur classe. « On a deux meilleures copines, Tania et Laetitia », s’enflamment les jumelles qui reconnaissent être parfois punies pour péché de bavardage pendant les cours. « Oh oui, elles parlent beaucoup ! », s’excuse presque leur maman.
Les aînés racontent avoir des projets professionnels. Tandis que Bethléem aimerait devenir pharmacienne, Ben Hur voudrait tenter sa chance comme mécanicien. « On espère que ça ira pour le français », soulignent-ils.

Privés de papa depuis cinq ans
L’enthousiasme de la famille est soudain atténué par le chagrin de ne plus avoir vu leur papa depuis cinq ans. « Mon mari est au Soudan aujourd’hui, mais ne peut pas venir nous rejoindre », confie tristement Yirgaelem Mengestab. En vertu de la loi sur l’asile au sujet du regroupement familial, son époux ne pourrait la retrouver qu’à condition qu’elle soit indépendante financièrement. « Mais comment voulez-vous qu’elle y arrive ? Elle doit gérer l’éducation de quatre enfants », s’insurge Béatrice Roh, impuissante.
« S’il vous plaît madame, faites quelque chose pour que notre papa puisse venir. Il nous manque tellement », implore soudain Bethléem. « On ne peut pas imposer à des enfants de vivre sans leur père », conclut Yirgaelem Mengestab qui refuse pourtant de perdre espoir.

Belles rencontres au sein du projet «cohabiter»
L’intégration par la rencontre et le rapprochement avec les Valaisans : c’est l’idée de l’opération « parrains et marraines culturels » intégrée dans le projet « Cohabiter » de Vétroz à Sierre. Des personnes bénévoles ont accepté de parrainer une personne étrangère nouvellement arrivée dans le canton pour l’aider à mieux s’intégrer.
Quarante binômes ont ainsi été créés il y a un an. Après douze mois, l’expérience s’arrête pour les participants.
« Cela ne veut pas dire que les personnes ne se voient plus. Au contraire. Plusieurs d’entre elles garderont contact, car elles ont créé une belle complicité », explique Cynthia Epiney, déléguée à l’intégration à la commune de Vétroz. La plupart des binômes ont surtout utilisé leur complicité pour l’apprentissage du français. « Ensuite, la relation a évolué » , ajoute Cynthia Epiney.
A l’heure du bilan, tiré le 29 septembre 2016 à Sion, les premiers binômes se disent satisfaits de ces parrainages. « Des amitiés très fortes se sont créées ; et souvent, elles se sont élargies à toute la famille », conclut Cynthia Epiney.


Pour rappel, le projet « Cohabiter » est porté par la Région Valais central qui lance en 2012 un processus de réflexion réunissant jusqu'en 2015 tous les acteurs de l'intégration (nouveaux arrivants, communes, PME et associations). Au cœur de cette réflexion, trois grands thèmes :

  • l'accueil et l'information des nouveaux arrivants,
  • la sensibilisation aux questions de cohabitation et d'intégration de la population, des administrations, des élus et du monde politique,
  • l'encouragement au vivre ensemble.


Source : Le Nouvelliste du 30.09.16


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