29.05.2017 « PORTRAIT DE CREATEUR » : à Ayent

Avec son food-truck, Arthur Tollu régale chaque jour de la semaine des consommateurs des villes de Sion et Martigny, friand de sa cuisine saine et de saison. Encore peu répandu en Valais, ce type de restauration mériterait, selon l’entrepreneur, de se répandre pour répondre à la demande croissante d’une clientèle flexible, à la recherche d’une pause de midi rapide et fraîche. Frisé gourmet, avec sa remorque, il anime également des festivals et soirées privées, un trend grandissant.

Arthur Tollu
Commerçant-restaurateur

Le Frisé Gourmet Food-Truck, Itinérant

Ouvert en juillet 2016
Séance « Lance ta boîte ! » en février 2016

Comment avez-vous eu l’idée de l’entreprise ?
Ma passion pour la cuisine et mon expérience professionnelle de dix ans dans le service m’ont poussé vers ce projet de cuisine itinérante. Les menus que je propose sont inspirés de mes voyages. J’aime développer des plats simples et de saison en partant de produits bruts. Dans mon approche, je mets davantage l’accent sur la qualité des produits frais et des plats "home made". C’est l’esprit de ce type d’activités de cuisine itinérante.

L’idée de l’entreprise m’est venue d’un désaccord complet avec mes anciens employeurs. Nous ne partagions pas du tout la même vision. Cela m’a donné le déclic et la volonté de le faire à ma manière, sans personne en dessus de moi qui prétendrait pouvoir mieux le faire. Finalement, de m’être retrouvé au chômage m’a permis de faire mûrir l’idée.

De l’idée à la réalisation, combien de temps s’est écoulé ?
16 mois se sont écoulés. J’ai dû entreprendre beaucoup de recherches, car le modèle des food-trucks existe encore peu en Valais. Pour des considérations pratiques, j’ai opté pour une remorque et non pour un camion. Il est par ailleurs très compliqué de démarcher les administrations pour obtenir des emplacements pour la vente itinérante dans le canton. Dans ce laps de temps, j’ai également entrepris les formations nécessaires pour exploiter l’entreprise, développer le modèle de remorque qui me servirait de cuisine et d’espace de vente. Depuis fin janvier 2017, je suis réellement à 100% avec des emplacements quotidiens à Martigny et à Sion.

Quelle a été l’étape clé à la réussite de votre projet ?
Le soutien de ma compagne qui m’a encouragé à me mettre à mon compte. Sans cela, je n’aurai pas ouvert. Mais c’est le fait de pouvoir travailler de manière indépendante qui m’a également permis de réussir dans ce projet. Dans ma famille, je suis entouré d’entrepreneurs, actifs dans des différents milieux. Être indépendant permet de choisir ce que l’on souhaite faire et quand on veut le faire. Cela me permet de ne pas me frustrer par rapport à ma vie de famille, loin des horaires contraignants du service, je trouve cela important.

Quels ont été les soutiens nécessaires, stimulants, réconfortants ?
Mon entourage et ma famille ont bien entendu été un soutien nécessaire. Par ailleurs, une des mesures suivies durant ma période de chômage m’a permis d’accompagner mes réflexions sur le projet d’entreprise, via le club des indépendants. J’ai rencontré beaucoup d’obstacles au lancement notamment pour obtenir les autorisations pour les emplacements.

Ma participation à une séance « Lance ta boîte ! » organisée par l’Antenne Région Valais romand m’a été très utile. Il me manquait des informations relatives à la comptabilité, le choix des statuts et le financement. Je sais désormais qu’il y a plusieurs systèmes possibles utiles pour d’autres projets. Le fait également d’être plusieurs personnes issues de milieux divers réunies autour de la table, avec souvent les mêmes interrogations d’entrepreneurs, est très enrichissant. À travers l’échange, nos questions sont adressées et l’occasion est donnée de prendre connaissance d’autres projets. Ce type de rencontre constitue un « mix » intéressant laissant l’ouverture à d’autres idées.

Être ou devenir entrepreneur ?
Je pense qu’on l’est déjà. Mais après, l’important est de trouver l’idée et d’aller jusqu’au bout des choses. Il faut avoir l’envie et le courage de se lancer. Autour de moi, je côtoie plusieurs personnes qui ont des projets, mais qui ne se lancent pas, retenues par la peur. Je pense que l’esprit d’entrepreneur ne s’apprend pas. Et dans mon cas, c’est de famille ! Nous avons tous eu besoin des autres pour nous lancer et nous nous soutenons. Comme nous sommes plusieurs à être passés par là, si le projet tient la route, la famille fait confiance. D’ailleurs, lui présenter mon business plan m’a semblé plus ardu que face à des actionnaires.

 

Propos recueillis par l’Antenne Région Valais romand le 10 février 2017.

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