10.07.2017 « PORTRAIT DE CREATEUR », à Saillon chaque trois semaines, découvrez un nouvel entrepreneur.

Lauriane Mazotti est experte en esthétique sociale, une spécialisation rare en Suisse. Un projet d’entreprise qui est arrivé à maturité suite à des démarches réfléchies, à l’image de la jeune femme de 24 ans. Travailler avec la maladie l’a sans doute poussée à acquérir cette grande maturité. Dans son institut, en parallèle des soins traditionnels, elle offre une gamme de soins et d’apprentissages dans le but de restaurer l’image de soi et d’améliorer la qualité de vie aux personnes fragilisées par la maladie ou les traitements.

Lauriane Mazotti
Diplômée en esthétique et experte en esthétique sociale
Institut socio-esthétique Lauriane Mazotti, Saillon

Ouvert en septembre 2016
Entretien-conseil en octobre 2015

Comment avez-vous eu l’idée de l’entreprise ?
Dans mon domaine du socio-esthétisme, il y a peu de portes ouvertes pour les publics fragilisés tels que les personnes souffrant d’un handicap, de cancer, de troubles alimentaires, de dépendance, de l’âge. Le nombre de soins adaptés à leurs problématiques est faible. Dans ma démarche, j’ai décidé de leur ouvrir cette porte. J’ai à cœur d’utiliser les outils esthétiques pour accompagner la personne à un mieux-être général. Ce besoin, je l’ai ressenti au cours de ma formation d’esthéticienne. J’appréciais réaliser les différents soins, mais au-delà de cet aspect, c’est la dimension de ce que cela pouvait apporter aux personnes concernées qui m’a convaincue. J’ai consacré du temps durant ma formation à du bénévolat et j’ai également réalisé mon travail de diplôme sur cette approche. Petit à petit, mon  projet se concrétisait.

De l’idée à la réalisation, combien de temps s’est écoulé ?
L’idée a mûri durant mes études. La formation, peu connue en Suisse, a été longue. Après deux ans de cours pour obtenir mon diplôme d’esthéticienne, je devais me forger une expérience pratique de deux ans complémentaires pour entamer le cursus spécialisé de socio-esthétisme dispensé à Lyon. Réalisé en cours d’emploi, cela nécessitait de m’y rendre chaque semaine. Mais je souhaitais vraiment le faire. La place que j’ai eu l’opportunité de trouver au service d’oncologie ambulatoire de l’Hôpital de Sion a renforcé cette conviction. Il m’a fallu un an et demi pour ouvrir mon propre institut. Une année sur le papier et six mois pour que ça devienne réel.

Quelle a été l’étape clé à la réussite de votre projet ?
Pour moi, il s’agit d’un assemblage de différents facteurs. Il y a eu passablement de choses qui ont permis à mon projet, que j'envisageais de longue date, de se réaliser. Quand j’ai commencé les démarches administratives, c’est à ce moment que j’ai réalisé que je me lançais dans une sacrée histoire !

Quels ont été les soutiens nécessaires, stimulants, réconfortants ?
Le soutien et l’expérience de ma maman, qui a été indépendante dans son domaine, m’ont beaucoup stimulée, dans le sens où cela me démontrait que c’était possible. Les collègues et ma famille m’ont également encouragée. Au niveau administratif, je voulais être sûre de ne pas faire fausse route. Ainsi, les conseils obtenus auprès de l’Antenne Région Valais romand ont été très appréciés. Cela m’a aussi conforté dans le fait que mon projet était faisable. J’ai également pris part à l’une des séances mensuelles et itinérantes « Lance ta boîte ! » en novembre 2015. Le fait de rencontrer des créateurs d’entreprise de tout âge, concevant tous types de projets des plus traditionnels ou plus fous, m’a particulièrement stimulée. Je me suis sentie confortée dans mon idée !

En étant bien informé et bien entouré, créer son entreprise n’est pas si compliqué que cela. Il faut prendre le temps des démarches. Il est important de s’entourer des bons partenaires. Par exemple pour la comptabilité, j’ai préféré déléguer ces opérations pour éviter les erreurs. Finalement, le fait que j’aie conservé encore une activité salariée partielle à l’Hôpital et que mon employeur connaisse mon projet me sécurise. Par la suite, mon but est de devenir entièrement indépendante. Cette situation me permet de faire les choses tranquillement.

Etre ou devenir entrepreneur ?
Je ne me suis jamais vraiment sentie entrepreneur. C’est quelque chose que l’on devient avec le temps. Il faut se lancer certes, mais si les choses sont bien établies sur le papier et que les risques sont mesurés, on le devient. Finalement, on l’est au fil du temps.

Propos recueillis par l’Antenne Région Valais romand le 2 février 2017.

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