21.08.2017« PORTRAIT DE CREATEUR », à Sion chaque trois semaines, découvrez un nouvel entrepreneur.

Dans le milieu de l’industrie de la mode en constante transformation, Anne-Sophie Bitz Terrettaz a lancé, il y a un peu plus d’un an, sa marque écoresponsable de vêtements pour enfants Where is Marlo. Dans une approche de qualité et de longévité, elle assure toute la chaîne de production de petites collections qui ont vocation à dépasser le rythme effréné des saisons. Marque distribuée au départ à travers son site internet, son projet évolue pour se calquer au monde du textile et viser une distribution « omnicanale ».

Anne-Sophie Bitz Terrettaz
Créatrice et directrice d’une marque de confection enfants
Where is Marlo Sàrl, Sion

Ouvert en octobre 2015
Entretien-conseil en septembre 2016

Comment avez-vous eu l’idée de l’entreprise ?
Formée à la Haute Ecole des Techniques de l’Habillement de Lugano, j’ai de nombreuses années d’expérience dans l’industrie du textile et ses différentes branches. J’avais le souhait de trouver une activité dans ce domaine en Valais. Par contre, les opportunités étaient rares. Le projet de lancer une marque me tentait depuis toujours. Je devais arrêter l’idée : décoration, mode adulte, mode enfant ? D’une fois que j’ai pu la figer, tout était clair, c’était parti. Dans mon projet, je capitalisais mes compétences. J’avais tous les bouts qu’il fallait du marketing digital à la production textile et son suivi dans le contexte du fonctionnement professionnel industriel. J’ai souhaité développer une marque écoresponsable pour enfants de 3 à 14 ans reposant sur trois aspects : une base organique ou naturelle pour mes tissus, une qualité du produit et une longévité en misant sur un design sortant des tendances saisonnières courtes.

De l’idée à la réalisation, combien de temps s’est écoulé ?
Il m’a fallu 10 à 12 mois, car il y avait un gros travail de production à mettre en place avant de se lancer. Il était clair que j’allais trouver un producteur de ma ligne de vêtements pour enfants en Europe. Par contre, je devais trouver le producteur qui s’engage pour mes petites séries. Au départ, j’avais l’idée de vendre uniquement sur internet. J’ai tout mis en place avant de me lancer en réglant la production et la logistique, le suivi des commandes, le marketing, les bases de données. Durant cette période, j’ai également bénéficié de la mesure du chômage du club des indépendants, ce qui m’a permis de faire la transition gentiment. Depuis le projet a évolué : en plus de mon site internet, je participe aux salons internationaux, ma marque est présente sur plusieurs portails en ligne et j’ai le souhait d’ouvrir un concept store en partenariat à Sion.

Quelle a été l’étape clé à la réussite de votre projet ?
Je dirais que c’est la réunion de plusieurs facteurs. La période de recherche d’emploi m’a forcée à réfléchir à mon projet. Mes enfants avaient atteint un âge où il m’était plus aisé de démarrer ces démarches. Et le fait d’avoir toutes ces différentes expériences à mon actif, qui me permettaient de savoir presque tout faire, m’a encouragée. Il me manquait cependant la partie vente pour laquelle j’ai dû consentir à des efforts importants. Pour ce projet, j’ai finalement dû m’investir intensément ne sachant pas à l’avance si cela allait fonctionner. Je devais produire des échantillons pour les présenter au public sans savoir s’ils plaisaient. C’était pour moi un défi personnel, mais j’avais envie de faire confiance à ma créativité, sans la contrainte des dictats des tendances. Dans ce milieu, le lancement d’une marque prend du temps. Il faut compter environ trois à cinq ans avant de tourner correctement. C’est un travail d’endurance, auquel je ne m’attendais peut-être pas forcément.

Quels ont été les soutiens nécessaires, stimulants, réconfortants ?
J’ai participé à des salons internationaux spécialisés. On en retire de bonnes et de moins bonnes nouvelles. Cependant, ces événements sont ponctués de rencontres avec des distributeurs, des grands magasins, des acheteurs, des magazines de tendance qui sont très encourageantes. Ces salons permettent de faire du volume et d’atteindre les minimums fixés par les producteurs pour obtenir leur priorité. Des opportunités de partenariat éthique et écologique se profilent, c’est stimulant. Ça bouge beaucoup. Tant que mon entourage me soutient dans mes idées, ça m’encourage.

J’ai également trouvé un soutien auprès de l’Antenne Région Valais romand avec laquelle je n’avais pas pris contact au lancement du projet. Cette rencontre m’a donné des informations précises sur mes interrogations liées à l’import-export et au dédouanement. Les questions sur l’exportation internationale, un domaine peu évident, ont ainsi été adressées et des contacts m’ont été transmis. La documentation fournie m’a été très utile. J’avais besoin de pistes et de soutien à ce moment-là, car j’étais en phase d’investissements pour participer à des foires internationales.

Etre ou devenir entrepreneur ?
Je pense qu’on l’est, que l’on a la notion du projet par nature. Par contre, même si tu as la capacité de te projeter, l’entrepreneuriat nécessite une énorme polyvalence et on ne peut pas être bon en tout... Par exemple, dans mon cas, l’aspect vente a nécessité beaucoup d’efforts, mais cela se développe.

Monter son entreprise nécessite de faire des compromis et de trouver l’équilibre. Cependant, le bien-être général est amélioré. On ressent moins cette pression de bien faire pour les autres. Cela renforce la confiance en soi, même s’il y a des moments de gros doutes. En revenant de salons, je dois lancer la production, mais c’est une prise de risques. C’est le désavantage dans ce milieu : tu sais que tu vas travailler pour, mais tu ne sais pas trop où cela va mener.

 

Propos recueillis par l’Antenne Région Valais romand le 1er mars 2017.

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