12.05.2014Du bon usage des conseillers externes

En plus de la vaste offre en consultants privés, la plupart des cantons disposent par ailleurs d'organismes ou d'associations pouvant répondre à certaines questions entrepreneuriales. Exemple en Valais, avec l'Antenne Région Valais romand, qui propose un service gratuit abordant aussi bien la création d'entreprise, le développement d'affaires, la recherche de financement ou la succession.

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Si les consultants externes n’ont pas toujours bonne presse auprès des entrepreneurs, leur apport peut s’avérer décisif pour gérer certaines situations dans la vie d’une PME.

Bien des entreprises affichent une certaine méfiance vis-à-vis de l'intervention de conseillers externes dans leurs affaires. Cherté et inefficacité sont souvent citées comme raisons principales pour éviter leur emploi. Le bouleversement des habitudes de l'entreprise, le formalisme induit par une évaluation extérieure ou la délégation du pouvoir décisionnel sont d'autres éléments qui inquiètent parfois les directeurs d'entreprises. Pourtant, utilisé à bon escient, le consultant externe peut apporter une réelle plus-value à une PME. Encore faut-il savoir quand et comment faire appel à son expertise.

"Résoudre un problème juridique ou effectuer une révision comptable sont des situations pour lesquelles les petites et moyennes entreprises suisses n'hésitent pas à faire appel à des ressources externes telles qu'une étude d'avocats ou une fiduciaire", explique Rico Baldegger, directeur de la Haute école de gestion de Fribourg. "Cela reste moins évident quand il s'agit de régler une succession ou le développement de ses affaires. Mais si un dirigeant d'entreprise n'est pas sûr que son fils soit en mesure de reprendre l'entreprise, il ne sert à rien de demander l'avis de la fiduciaire. Il faut être honnête avec soi-même et analyser précisément quelles connaissances sont nécessaires pour résoudre le problème."

Une fois le besoin en ressources externes identifié, faut-il encore trouver le bon interlocuteur. Pas forcement évident, alors que la Suisse compte plus de 2000 consultants en entreprises. "Il faut aborder le choix d'un conseiller comme on le ferait avec l'engagement d'un nouveau collaborateur, souligne Rico Baldegger. Ne pas hésiter à exiger des références, vérifier la bonne connaissance du secteur d'activité concerné. Car il est vrai que certains conseillers ne se concentrent pas toujours sur ce qu'ils savent faire le mieux, et acceptent n'importe quel mandat." Avec des tarifs journaliers débutant en moyenne à 1500 CHF, l'entrepreneur peut vite avoir le sentiment d'être floué. "Il faut cependant remettre la balle au centre, car la responsabilité est souvent partagée en cas d'échec. En effet, il peut être très difficile pour un consultant de remplir convenablement sa mission si l'entrepreneur ne lui a pas transmis les bonnes indications."


Bénéficer d'un regard extérieur

En plus de la vaste offre en consultants privés, la plupart des cantons disposent par ailleurs d'organismes ou d'associations pouvant répondre à certaines questions entrepreneuriales. Exemple en Valais, avec l'Antenne Région Valais romand, qui propose un service gratuit abordant aussi bien la création d'entreprise, le développement d'affaires, la recherche de financement ou la succession. "Comme nous sommes un organisme semi-public, nous laissons aux fiduciaires ou aux banques le soin de traiter les questions liées au calcul de la valeur d'une entreprise ou de sa forme juridique, indique son directeur, Jean-Daniel Antille. Dans le cadre d'une transmission, nous abordons avant tout l'émotionnel, en servant de médiateurs. J'ai récemment géré le cas d'une PME qui cherchait une solution pour régler la transmission de l'entreprise. Au cours de la discussion, il est apparu que père et fils abordaient le sujet pour la première fois. Avoir quelqu'un pour traduire le langage des uns et des autres peut être très appréciable, tout particulièrement quand il s'agit d'une entreprise familiale."

Le développement des affaires est un autre axe pour lequel il peut être judicieux de faire appel à une évaluation extérieure. A Fribourg, l'association de droit privé Platinn chapeaute ainsi une quarantaine de conseillers accrédités pour épauler start-ups et PME dans leurs projets d'innovation. "Nous jouons un rôle d'intégrateurs, en essayant de réunir forces privées et publiques au service des entreprises", note Christoph Meier, directeur de Platinn. Soutenue par les cantons romands et le Secrétariat d'État à l'économie, l'initiative permet à des entreprises de toutes tailles de stimuler leur développement. "Bien des PME ont souvent une attitude très critique vis-à-vis des consultants. Mais les entrepreneurs ont beaucoup à gagner d'un regard extérieur. L'essentiel en la matière est d'établir une relation basée sur la confiance mutuelle." 

Source :
KMU Magazin n°3, mars 2014

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