26.01.2018Valais romand: 60 000 citoyens concernés par les fusions de communes

Le processus s’accélère depuis la fusion historique des communes d’Anniviers. Le 4 mars, les citoyens de Martigny et de Charrat devraient entériner leur rapprochement. Et d’ici à 2024, le canton perdra huit communes.

Depuis les dernières élections communales en 2016, le mot «fusion» fait désormais partie des discussions de nombreuses communes du Valais romand. De près ou de loin, plus de 60 000 citoyens sont aujourd’hui concernés par des démarches qui vont du plus simple sondage au vote programmé à l’urne avant les prochaines élections.

De sept à trois communes

En effet, sept communes imaginent fusionner en une législature avec des scénarios à chaque fois différents. En plaine, la fusion Charrat-Martigny permettrait au Grand Martigny qui existait au XIXe siècle d’entamer sa reconstruction. Plus haut dans la vallée, la démarche entre Bagnes et Vollèges est un peu similaire avec une grande et une petite commune. Enfin, dans le district de Sierre, après la création de Crans-Montana lors de la dernière législature, les trois communes du coteau coincées géographiquement entre le Haut-Plateau et la ville, à savoir Veyras, Venthône et Miège, veulent n’en faire qu’une d’ici à 2021.

Des villes qui s’agrandissent 

Ces trois processus permettent aussi de comprendre les grandes tendances qui se dessinent dans le redécoupage du canton. La première concerne les villes qui s’agrandissent. En absorbant Salins et Les Agettes, la capitale sédunoise a vu son territoire s’étendre jusqu’à 2000 mètres d’altitude et son projet de liaison câblée va même la faire basculer dans la catégorie des stations de montagne comme Innsbruck. 

Sierre et Martigny, elles, peuvent s’étendre dans la plaine avec de petites communes qui désirent pouvoir bénéficier de prestations plus professionnelles. C’est le cas de Charrat, mais cette réflexion existe du côté de Chippis pour Sierre. Mais le projet le plus ambitieux – et donc le plus difficile à réaliser – se trouve dans le Chablais avec la volonté de réunir Monthey et Collombey-Muraz et de devenir très clairement la deuxième ville du Valais, tout en renforçant la région au sein du canton. 

Des coteaux au découpage plus horizontal 

La deuxième tendance concerne les coteaux. Si, au XIXe siècle, le découpage des communes de manière verticale correspondait au mode de vie de la transhumance, aujourd’hui se dessine un découpage horizontal qui démontre la volonté à quelques kilomètres de distance de ne plus dupliquer toutes les prestations. Et le district de Sierre en est le parfait exemple avec quatre des six communes du Haut-Plateau qui se sont réunies et maintenant tout le coteau de la Noble Contrée. Cette réflexion a aussi débuté dans des communes comme Ayent, Arbaz et Grimisuat

Anniviers pas vraiment suivi

Enfin, la dernière tendance touche les vallées. Dans le Valais romand, seul Anniviers a osé créer une seule entité politique pour toute une vallée. Ailleurs, on a choisi la politique des petits pas. Après la création de Mont-Noble dans le val d’Hérens, place à celle de Bagnes-Vollèges en attendant de voir peut-être se réunir Bourg-Saint-Pierre, Liddes, Sembrancher et Orsières en 2024. 

Pourtant, la grande majorité des élus de ces vallées sont conscients que des entités plus grandes les renforceraient face aux enjeux qui les attendent. Mais ils doivent tenir compte aussi de l’identité forte de chaque région. Reste à savoir combien de temps, par exemple, le val d’Hérens pourra assumer d’avoir plus de 30 élus dans des exécutifs communaux pour un total de 6700 habitants.

Et ailleurs, on y réfléchit

Certaines municipalités ont évoqué la problématique de la fusion, sans entamer de processus officiel. C’est par exemple le cas du val d’Hérens où le sujet est récurrent. Vex, Hérémence, Evolène, Saint-Martin et Mont-Noble s’associeront-elles un jour (près de 6700 habitants)? Le sujet est tabou, car les Hérensards craignent une perte d’identité en cas de fusion. Les politiques estiment que le sujet n’est pas d’actualité. 

Sur le coteau, des citoyens d’Arbaz ont lancé des commissions pour aborder le sujet. Les premiers résultats sont attendus pour l’été 2018. Reste à savoir avec quel partenaire fusionner. Sion? Ayent? Grimisuat? A Ayent, les conseillers généraux PLR ont déposé un postulat, pas encore traité, demandant à la commune de se déterminer sur une éventuelle fusion. Mais à terme, une commune de l’Adret, réunissant Grimisuat, Ayent et Arbaz, est la plus naturelle (8500 habitants).

Plus bas dans le canton, Pascal Gros, préfet du district de Saint-Maurice, avait lancé en 2016 l’idée de regrouper les neuf communes du district de Saint-Maurice (13 500 habitants). L’idée est restée à ce stade. Dans le programme de législature actuelle, seul Collonges a clairement mis la question d’une fusion comme priorité.

Enfin, à l’extrémité du canton, les citoyens de Port-Valais, Saint-Gingolph, Vionnaz et Vouvry voteront le 10 juin sur la création d’une association des communes du Haut-Lac (11 500 habitants). Elle entrerait en vigueur le 1er janvier 2019. Le but de l’opération est de regrouper tous les services intercommunaux actuels pour en améliorer la gouvernance. Des présentations publiques auront lieu en février et en mai. 

 

Source : Le Nouvelliste, pages 2 et 3, 25.01.2018, par Vincent Fragnière, Fabrice Zwahlen, Olivier Rausis, Sophie Dorsaz, France Massy, www.lenouvelliste.ch/articles/valais/canton/valais-romand-60-000-citoyens-concernes-par-les-fusions-de-communes-731504
Illustration : INFONF

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