24.10.2018Valais : Vers un nouveau parc régional ?

La création d’un parc naturel régional est à l’étude dans le Bas-Valais. De Saint-Maurice à Martigny-Combe en passant par la vallée du Trient, il engloberait sept communes.

Ce matin, les habitants des communes de Saint-Maurice, Evionnaz, Vernayaz, Salvan, Finhaut, Trient et Martigny-Combe ont découvert dans leur boîte aux lettres la présentation d’un projet d’envergure pour leur région: la création d’un parc naturel régional de 222 kilomètres carrés. Initié par le président de Salvan, Florian Piasenta et par Emmanuel Revaz, député au Grand Conseil et citoyen de Salvan, le projet se veut «un moyen de valorisation de la nature et du paysage de la région, tout en soutenant des activités économiques durables». Et le président de souligner d’emblée : «Il s’agit là d’une réflexion touristique sur le long terme et pas d’une démarche politique». En Valais, les sites de Finges et de la vallée du Binn sont classés au rang des parcs naturels régionaux. La Suisse en dénombre quinze.

Se profiler en faveur d’un tourisme doux

Le projet a été présenté et unanimement approuvé par tous les exécutifs des communes concernées. Un comité rassemble des membres des exécutifs, des responsables du tourisme et des représentants de différents domaines  (agriculture, hébergement, chasse, forêt et paysage). «On sait bien que la région ne régatera jamais aux côtés de Verbier ou de Crans-Montana. Il faut donc miser sur du tourisme doux en valorisant les richesses de chaque commune», détaille Emmanuel Revaz. Ce dernier cite pêle-mêle, le Bois Noir à Saint-Maurice, l’Arpille et Plan-Cerisier à Martigny-Combe, les gorges du Dailley et le bisse du Trient, les sites d’Emosson et de Salanfe, le Mont-Blanc express ou les chemins pédestres quadrillant la région. «Plusieurs de ces sites sont déjà  classés au niveau national. Le parc régional permettra de labelliser ce qui existe déjà, tout en créant de nouvelles synergies et possibilités.»

Yann Clavien, chef de la section nature et paysage au Service cantonal des forêts, cours d’eau et paysage ajoute que les parcs naturels apportent une plus grande notoriété à la région. «Cela s’est vérifié à Finges ou dans la vallée du Binn» (voir
ci-dessous).

Peu de restrictions

Le président de Salvan attire l’attention sur le fait qu’un parc régional naturel n’est pas synonyme de réserve naturelle et ne connaît pas les mêmes exigences que les parcs nationaux. Dans ces derniers, une zone centrale est dédiée à la nature et le public n’y a qu’un accès très limité. «Dans le parc de la région du Trient, la pêche, la chasse, les activités agricoles et touristiques ne seront pas limitées», rassure-t-il. «Les communes doivent s’engager à se développer sur un modèle durable en évitant les infrastructures générant de fortes atteintes à l’environnement», précise Yann Clavien. Et le  président de Salvan d’ajouter que le parc engendrera certainement de nouveaux emplois, en prenant l’exemple du parc du Pays-d’Enhaut créé en 2006 qui occupe huit équivalents plein-temps.
Quant aux coûts d’une telle entité, ils ne sont pas encore clairement connus, ceux-ci dépendant de la spécificité du projet.
Légalement, la création et la gestion du parc peuvent être subventionnées jusqu’à hauteur de 80% par le canton et la
Confédération. Le reste doit être assumé par les communes et/ou des acteurs privés. Mais avant que le projet ne se concrétise, le chemin est encore long.

Votation populaire pas avant 2023

Dans un premier temps, le groupe de travail s’attellera à la réalisation d’une étude de faisabilité, puis élaborera une charte spécifique au projet. Un processus qui s’étalera sur plusieurs années et qui s’achèvera par une votation populaire dans les sept communes concernées. Le vote ne devrait pas intervenir avant 2023.

A Finges et à Binn, des millions investis grâce aux parcs

En Valais, les régions de Finges et de Binn sont classées au rang de «Parc régional naturel». Celui de Pfyn-Finges, labellisé en 2013, s’étale sur douze communes de Sierre à Gampel, de 500 à 4100 mètres d’altitude.
«Aujourd’hui, le bilan est très positif. Chaque année, un à deux millions de francs de subventions sont réinvestis dans la région. Le parc a donné naissance à énormément de projets qui offrent notamment de la visibilité à la région», avance Murielle Zufferey, responsable communication du parc. Plusieurs produits sont labellisés et commercialisés au nom des parcs suisses. En votation, le projet de Pfyn-Finges avait recueilli un bon accueil populaire avec 75% de oui. «La population avait compris qu’il s’agissait d’un encouragement à la durabilité plutôt que de mesures écologiques restrictives.» L’engouement des citoyens était également très fort en 2010 dans la vallée du Binn. 98% des citoyens des six communes concernées à l’époque ont appuyé le projet de parc régional naturel. «Le sujet n’a jamais été politisé»,  commente Dominique Weissen Abgottspon, directrice du parc, faisant là référence au refus hérensard. Aujourd’hui, les cinq communes investissent ensemble 30 000 francs par année pour des projets qui leur rapportent gros. «La rénovation de la voie historique des gorges du Twingi a coûté 700 000 francs mais grâce au parc qui a trouvé des fonds pour compléter les subventions cantonales et fédérales, les communes n’ont dû débourser que 40 000 francs.» Et la directrice de citer les futurs projets tels que la réalisation d’un hôtel décentralisé à Grengiols pour occuper des appartements  vacants ou la rénovation de la gare de Niederwald. «C’est sûr que le parc ne résout pas tous les problèmes de la région.
Nous faisons toujours face à un exode de la population mais ces huit dernières années, cinq nouveaux restaurants ou bistrots ont ouvert. C’est tout de même une preuve du dynamisme que le parc a apporté!»

 

Source : Le Nouvelliste, Sophie Dorsaz, 22.10.2018
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